La commune a commémoré cette année le 81ᵉ anniversaire de la Victoire du 8 mai 1945, à Lendresse. Cette journée a résonné avec une intensité particulière, car derrière l’Histoire avec un grand H, il y a des destins locaux, des visages, des familles, des vies brisées ou transcendées par l’engagement. Parmi eux, celui de Marcel Trouillon-Trubert, habitant de Lendresse, résistant, déporté, mort pour la France le 9 novembre 1945, qui a fait l’objet d’un hommage particulier.
Plus d’une centaine de personnes de la commune était présente, marquant leur attachement au devoir de mémoire.
À 11h00, la cérémonie a débuté, en présence de trois petits-enfants de Marcel Trubert. Sa petite‑fille, Catherine Bénisse a pris la parole la première en racontant sa découverte des actions de son grand-père au travers d’archives familiales laissées par sa grand-mère et retraçant la vie de son grand‑père, son engagement, son courage et les valeurs qui l’ont guidé. Ce témoignage fort, empreint d’émotion, a rappelé que derrière chaque nom gravé dans la pierre, il y a une histoire, un visage, une famille.
Les enfants du groupe scolaire de Mont ont ensuite interprété le poème « Liberté » de Paul Éluard, apportant une dimension intergénérationnelle à ce moment de recueillement. L’allocution du maire est venue souligner l’importance de transmettre la mémoire locale et de ces destins individuels qui éclairent l’Histoire.
Puis a eu lieu le dévoilement de la plaque commémorative apposée sur la façade de la salle des fêtes de Lendresse, en hommage à Marcel Trubert.
La chorale Toustem Youens a interprété le Chant des Marais, rappel poignant des souffrances endurées dans les camps. Après le dépôt de gerbe, le cortège s’est mis en marche, derrière le drapeau des Anciens Combattants, vers le monument aux Morts, traversant le parc situé derrière la mairie. C’est là qu’a été dévoilé le panneau « Jardin Marcel et Antonia Trubert », donnant à ce lieu de vie le nom d’un couple dont le courage éclaire notre mémoire collective.
La seconde partie de la cérémonie s’est déroulée au monument aux Morts de Lendresse. La chorale a entonné le Chant des Partisans, avant la lecture du message officiel de la ministre des Armées et des Anciens combattants.
Les élus ont procédé à l’appel des morts suivi par le dépôt de gerbes, la sonnerie aux morts, la minute de silence et la Marseillaise, donnant à ce moment une solennité partagée. L’interprétation de la Marseillaise, d’abord chantée par les enfants a rappelé que la mémoire se construit aussi par la voix des plus jeunes.
La matinée s’est achevée autour d’un vin d’honneur offert par la municipalité à la salle des fêtes de Lendresse. Un temps simple, chaleureux, où habitants, familles et élus ont pu échanger, se retrouver, et prolonger ensemble cette matinée de mémoire et de transmission.
Marcel Trubert (1905-1945)
A 19 ans, il s’engage au service des armées puis entre aux Chemins de fer du Midi où il devient responsable de la sous-station électrique de Lacq. Passionné de photographie, très attaché à son épouse et ses filles, d’’un naturel ouvert, aidant les uns et les autres de ses diverses compétences, il attire autour de lui la sympathie.
Lors de la guerre 1939/45, il s’engage parmi les premiers dans la Résistance. Devant rendre la maison qu’il occupe à Lacq, il prend une location à Lendresse où il s’installe avec sa famille.
Avec le concours et soutien actif de son épouse Antonia, il effectue pour la Résistance du recrutement, participe au sauvetage de fugitifs qu’il accueille au domicile familial, (aide aux passages, faux papiers…) Il mène des actes de sabotage dans le cadre d’un groupe d’action immédiate dont il est le chef, groupe qui se réunit à son domicile, ainsi que dans le cadre de l’armée secrète dont il est le chef de la trentaine Lacq Artix.
Il accueille à Lendresse, en avril 1944, 3 aviateurs américains qui, du fait de la découverte de la chaîne d’évasion de Pau, restent bloqués une dizaine de jours chez lui. Les photos qu’il prend témoignent de liens d’amitié.
Dénoncé, il est arrêté le 3 mai 1944 par la Gestapo. Soumis à la torture, il « garde le secret ».
Il est déporté dans l’univers concentrationnaire de travail forcé de Neuengamme en juin 1944.
Libéré en juin 1945, il ne pèse plus que 35 kg. Il ne survivra que quelques mois à ses multiples affections liées aux sévices subis lors de sa déportation.

